POV Tom
Tout ce déménagement m'a fatigué. Mon père vient de partir, il revient dans une heure pour m'aider à mettre les meubles en place. Je me lève et pars en inspection de mon nouveau logement. Rien qu'à moi. Enfin libre ! Enfin, pas tellement libre, c'est mon père qui le paye.
J'habiterai ici pendant un an, c'est ce que mon père dit. Un an pour me remettre sur pied après ma dépression, un an pour devenir indépendant. Ca ne devrait pas être si difficile.
J'ai une salle de bain assez spacieuse avec une grande baignoire. Le seul détail qui me dérange c'est les murs...roses avec des c½urs rouges. Beurk ! Je vais arranger ça assez rapidement !
Le reste de l'appartement est assez petit, mais je n'ai pas besoin de plus. Un balcon, cuisine, salon, chambre à coucher... Parfait.
J'ouvre grand la porte du balcon ainsi que la fenêtre dans la cuisine, pour laisser l'air circuler, me purifier les pensées et entendre le bruit de la rue.
Je suis sûr que tous ceux qui ont grandis dans la ville ont marre de ce bruit, mais pour moi, c'était la plus belle chanson.
J'ai grandi avec mes parents adoptifs dans une grande maison à la campagne, où le seul bruit c'était l'aboiement de notre chien et les criquets. Le seul point positif c'était le fait que je pouvais écouter la musique très fort sans que ça ne dérange quelqu'un.
Je ferme mes yeux et j'aspire profondément cet air pollué et je me sens bien. Le bruit des voitures, les camions, les rires des passants, une voiture de police ou ambulance de temps en temps... Oui, je suis libre, oui, je suis enfin invisible !
Je me dirige vers la porte d'entrée pour rentrer les chaises qu'on a laissé dans le couloir. Une fois dehors, j'entends le courant d'air et la porte claque derrière moi. Je pose les chaises et je m'aperçois que la porte n'avait pas de poignet à ce coté et que j'ai laissé mes clés à l'intérieur.
Je baisse la tête en rigolant à ma propre connerie et m'assois sur la chaise. Il me reste qu'à attendre mon père, c'est le seul qui a les doubles clés.
Mon regard se pose sur la porte où se tenait ce garçon tout à l'heure. J'avoue que quand mon père a dit « bonjour voisine », j'ai quand même eu un doute pour un petit moment. C'est dommage, il a un visage magnifique.
Je ne sais pas pourquoi je pensais à lui en cet instant-là. Je ne sais pas pourquoi je me lève de cette chaise ni pourquoi je m'approche de sa porte pour y voir son nom : B. Kaulitz. Et je ne sais pas non plus pourquoi mon doigt s'appuie sur sa sonnette.
Je fis un bond quand j'ai vu la porte s'ouvrir devant moi. Je baisse la tête rapidement car ce que je viens de voir ne me laisse pas indifférent. Visiblement, il sortait de la douche, ses cheveux mouilles tombent sur ses épaules et une petite serviette entourée autour de ses hanches lui sert de vêtement.
- Euh... désolé, je voulais pas te déranger...
- Pourquoi t'as sonné alors ?
- C'est que, en fait, j'ai fait un courant d'air dans l'appart et je me suis enfermé dehors.
Je le vois rigoler dans le coin et je continue :
- Mon père a les doubles clés, mais il revient dans une heure.
- Vas-y entre ! Installe-toi dans le salon, je reviens tout de suite !
Il referme la porte derrière moi et disparait dans une pièce, sa chambre certainement.
Je reste planté au milieu du salon comme un con, en me demandant qu'est-ce que je fous ici.
*